Zeeman procède à une réduction drastique de son réseau de magasins en Europe au cours des prochaines années. La décision la plus radicale concerne le Portugal et l’Autriche : les treize magasins situés dans ces pays fermeront leurs portes dès cette année.
Retrait du Portugal et de l’Autriche
Après avoir déjà fermé 24 magasins en 2025, le détaillant fermera 127 autres points de vente d’ici 2028. Comme Zeeman ouvre simultanément de nouveaux magasins, le nombre total de magasins diminuera d’environ soixante unités. Cette mesure fait suite à une « évaluation approfondie de la rentabilité et des opportunités », écrit la chaîne néerlandaise dans son rapport annuel.
Zeeman désigne désormais explicitement le Portugal et l’Autriche comme des « projets pilotes » qui se sont révélés ne pas avoir un potentiel suffisant. Pour l’Autriche, un problème logistique entre également en jeu. En raison de la restructuration prévue du réseau allemand, le transport vers l’Autriche deviendrait trop inefficace. En Allemagne, Zeeman se concentrera désormais sur la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Berlin. Par conséquent, les magasins allemands les moins rentables disparaîtront progressivement au cours des prochaines années ; les douze premiers fermeront dès 2026.
Une restructuration est également prévue en France et en Espagne. Zeeman y avait encore activement développé ses activités ces dernières années, mais 39 magasins vont désormais fermer dans ces deux pays. Parallèlement, la chaîne y renforce la direction locale et intensifie ses efforts marketing afin de renforcer la notoriété de la marque.
Difficultés hors du Benelux
C’est surtout en dehors du Benelux que les magasins affichent des performances inférieures aux attentes. Sur ses marchés domestiques, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, le chiffre d’affaires a encore progressé de 3 % l’année dernière, dépassant la moyenne du marché. En Allemagne et en France, l’évolution du chiffre d’affaires a été à la traîne. Le chiffre d’affaires total a légèrement augmenté, passant de 969 millions d’euros à 984 millions d’euros.
Les performances à l’étranger, qui peinent à décoller, pèsent également lourdement sur le résultat. En 2025, Zeeman a enregistré une perte nette de 12,5 millions d’euros, contre une perte de 5,5 millions d’euros l’année précédente. En 2023, le détaillant avait encore réalisé un bénéfice net de plus de 10 millions d’euros. Le résultat opérationnel (EBIT), corrigé des éléments exceptionnels, s’est toutefois amélioré.
Les discounters chinois accentuent la pression
Le PDG Erik-Jan Mares qualifie l’année 2025 de « année de transition ». « En 2025, il a fallu faire des choix. Malgré la hausse des coûts, des conditions de marché difficiles et l’incertitude géopolitique, nous avons franchi des étapes dans le développement de Zeeman. »
Dans son rapport annuel, Zeeman pointe expressément du doigt les plateformes de commerce électronique chinoises telles que Temu et Shein comme source de pression concurrentielle supplémentaire. Ces discounteurs gagnent rapidement des parts de marché, notamment en Allemagne et en France. Selon M. Mares, le détaillant doit à la fois investir et réaliser des économies : « La réalité d’aujourd’hui exige de la rigueur à court terme, tout en continuant à construire nos ambitions durables. »
« Des années de changement »
Ces dernières années, Zeeman a investi massivement dans ses opérations. Le centre de distribution a été mécanisé, les magasins ont bénéficié de mises à niveau technologiques et la plateforme en ligne a été renouvelée. Parallèlement, le détaillant renforce ses exigences en matière de rentabilité pour les magasins.
Par ailleurs, Zeeman souhaite adopter une approche plus professionnelle en matière de durabilité et de reporting. En 2025, le détaillant a notamment élargi sa gamme de vêtements d’occasion et étendu son programme de salaire de subsistance à plus de 12 000 personnes au sein de la chaîne. Zeeman a également élaboré un plan de transition climatique qui, à partir de 2026, doit conduire à une réduction supplémentaire de l’impact climatique.
D’ici 2026, le détaillant continuera à miser sur la rénovation des magasins, l’optimisation du réseau de magasins, un assortiment plus large et la réduction des coûts dans la logistique, le transport et les magasins. En dehors du Benelux, Zeeman souhaite encore améliorer ses performances, selon Mares : « Nous sommes sur la bonne voie, mais se remettre en forme est un processus qui prendra plusieurs années. »
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