La marque française de chaussures Minelli jette l’éponge. La chaîne, placée sous protection judiciaire depuis mars, annonce la fermeture de tous ses magasins le 30 mai.
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Le tribunal de commerce de Paris a reçu six offres de rachat, mais celles-ci se limitent pour l’essentiel à des locaux commerciaux isolés ou à la marque elle-même, sans maintien du réseau de magasins. Il n’y aura donc pas de reprise à part entière, et c’est ainsi que s’achève l’histoire d’une marque qui existait depuis 1973.
La plupart des candidats s’intéressent principalement à des locaux commerciaux stratégiques. Ainsi, la marque de mode Maje souhaite racheter deux magasins parisiens pour 550 000 euros. Father and Sons a fait une offre sur l’un de ces magasins, tandis que l’opticien Jimmy Fairly a manifesté son intérêt pour des succursales à Paris et à Bordeaux. La chaîne de boulangeries Mie Câline a également soumis une offre pour un magasin à Avignon.
La proposition du groupe logistique Baghaira était plus surprenante. Celui-ci souhaite racheter la marque Minelli, le stock et les neuf employés du siège social à Gémenos pour 300 000 euros, mais sans les 21 magasins et leurs 77 employés. Baghaira souhaite relancer Minelli en tant que marque de commerce électronique et éventuellement la réintroduire plus tard dans les grands magasins.
Deuxième procédure judiciaire en trois ans
Pour Minelli, il s’agit déjà de la deuxième procédure de redressement judiciaire en peu de temps. En 2023, la marque avait déjà été sauvée à Marseille par un consortium regroupant des investisseurs et la marque de mode Mes Demoiselles Paris, mais celle-ci a de nouveau été mise sous administration judiciaire en mars.
La restructuration s’était alors accompagnée de mesures d’assainissement drastiques : les effectifs sont passés d’environ 600 employés à moins de 200 et une grande partie du réseau de magasins a été cédée. L’entreprise n’est toutefois pas parvenue à renouer avec la rentabilité. Au cours de l’exercice 2024-2025, la perte s’est encore alourdie pour atteindre 3,7 millions d’euros.
La chaîne se positionnait sur le segment moyen de gamme, avec des chaussures de ville entre 100 et 200 euros la paire, mais a perdu du terrain face à des chaînes moins chères et à des plateformes en ligne telles que Zalando, Sarenza et Spartoo. Des acteurs ultra-bon marché comme Shein et Temu ont également exercé une pression supplémentaire sur le marché. À cela s’ajoutent la hausse des coûts énergétiques et des loyers, le renchérissement des matières premières et l’essor de la mode d’occasion.
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