La Commission européenne enquête pour déterminer si Ferrero s’est rendu coupable de restrictions régionales injustifiées en matière d’approvisionnement. Le fabricant du Nutella confirme l’enquête et affirme coopérer pleinement.
Pratiques anticoncurrentielles
Lundi dernier, la Commission européenne a annoncé dans un communiqué de presse qu’elle « menait des inspections antitrust inopinées dans deux États membres auprès d’une entreprise active dans le secteur des confiseries au chocolat ». Il s’avère que l’entreprise en question est Ferrero : c’est ce qu’a confirmé le fabricant de Nutella et de chocolat Kinder lui-même à Reuters. L’entreprise affirme coopérer pleinement et mettre à disposition les informations demandées.
La Commission soupçonne Ferrero de pratiques anticoncurrentielles et d’abus de position dominante. Concrètement, il s’agirait de restrictions commerciales dites « territoriales », par lesquelles les fabricants entravent les achats transfrontaliers afin de protéger leur positionnement tarifaire sur différents marchés européens, une pratique dénoncée depuis longtemps par les détaillants européens. Une enquête antitrust ne signifie pas que l’entreprise concernée a effectivement adopté un comportement anticoncurrentiel, souligne la Commission.
L’UE veut sévir
Le Parlement européen a organisé mercredi une audition d’experts sur ces restrictions commerciales territoriales. La Commission européenne souhaiterait aller au-delà de la législation actuelle en matière de concurrence afin de pouvoir agir contre les restrictions de livraison qui permettent aux fabricants de marques d’appliquer des prix différents au sein de l’UE. Plusieurs options sont à l’étude, notamment un engagement volontaire des fabricants ou une interdiction légale.
Cette initiative est saluée par EuroCommerce et Independent Retail Europe, les associations représentant les intérêts du secteur européen de la vente au détail. Les restrictions commerciales entraînent inévitablement une hausse des prix à la consommation dans la plupart des États membres, car les marges des détaillants sont si faibles qu’ils ne peuvent absorber les énormes écarts de prix imposés par les fabricants, explique Else Groen, directrice générale d’Independent Retail Europe, dans un communiqué de presse. « Nous avons un besoin urgent d’une législation spécifique pour le marché intérieur afin d’interdire ces pratiques discriminatoires. »
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